Le goût des enfers

Le goût des enfers
C'est un fait. Tu alignes plus vite la cocaïne que les mots. En avant-première, tu as eu le goût des enfers lorsque ta joue a touché le sol glacé. L'amertume des jours heureux, la nostalgie de ces bonheurs simples. D'ailleurs, tu n'as jamais été simple. Adepte de la démesure, il fallait que ton orgueil soit écoeuré pour se calmer. Le vice de l'égo surdimensionné t'a fait plonger tout droit dans une spirale. Celle qui mène au gouffre, au nulle part, au néant. Le point de non retour, celui qui sépare les morts des vivants.
L'exaltation t'a toujours fasciné. Selon toi, c'est dans les passions virulentes que les plus belles actions s'accomplissent. A corps et à cris. Un héros des temps modernes, le prince des nuées, ou plutôt, des nuits. Les corps plantureux et la poudre blanche passaient entre tes mains qui, elles, ne l'étaient plus depuis longtemps. Où était donc passé le petit garçon aux rêves nobles ? Cette âme si pure doit maintenant se contenter de vivre prisonnière dans une boîte poussiérieuse. Les photographies jaunies sont désormais les seuls témoins de cette belle époque réduite en lambeaux.
Et regarde où la passion t'a mené : sur un carrelage humide et sale. Autour de toi, des zombies contournent ton corps. Avec leurs yeux révulsés, ils regardent cette masse quasi inerte. Tu vis tes derniers instants romanesques. Profite.
La frénésie du diable parcourt ton échine. Sa couleur jaillit de tes narines. Tu tâches le carrelage immaculé. La connerie du mimétisme a fini par te perdre. Les autres, les autres, les autres. Cette obsession perfide, ce tourment sans équivoque, cette phobie de la solitude qui t'a amené à courir les plus grands dangers. Face contre terre, âme vers le ciel.
Sens-tu l'âme de Don Quichotte hanter ton corps ? Comment pourrais-tu le savoir : plus aucune sensation ne t'atteigne. Déjà, tu t'envoles. Les paupières sont lourdes, la chute est engagée, la fin est proche, les adieux sourds et inutiles. Je crois que mes larmes ne sont pas les bienvenues. Ni les je t'aime. Il était pourtant sept heures du matin quand je te l'ai murmurré pour la dernière fois.
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# Posté le dimanche 27 janvier 2008 11:10
Modifié le samedi 09 février 2008 07:12

Nuits Blanches

Nuits Blanches
Ce sont les larmes qui coulent dans tes veines et le sang sur tes joues. Les manifestations physiques s'inversent. Plus rien n'a de sens. Tout valse au-dessus du vide angoissant. L'âme, légère comme une plume, purge ses rancoeurs contenues. Un trop plein de dégoût qui s'évapore dans l'air vaporeux. La pureté et le vice se côtoient. Marchant ensemble, ils vont vers une destination inconnue. Tout se mélange, tout s'assemble. Quand vos pleurs se mêlent à la pluie de décembre. Quand l'aube embrasse la nuit naissante voire prématurée. Quand la chaleur de vos lèvres contraste avec le froid hivernal.






Vous m'abordiez au détour d'une rue. De la pointe de mes pieds, j'ai pu distinguer un bel inconnu. Vous, de votre suprême hauteur, vous ne m'avez vu. Un amour aurait pu naître mais nous ne l'avons pas su. Chemin partant, nos routes ne se croisèrent plus. On ressasse le passé avec des relans de remords et de regrets coincés au fond de la gorge. Le coeur se serre lorsque les souvenirs refont surface. Mais ils jaunissent, ils ternissent, ils deviennent floues. La page dentelée devient miteuse et le papier glacé ne parvient plus à faire revivre ces instants volés. Plus rien ne dure.
# Posté le dimanche 27 janvier 2008 11:18
Modifié le samedi 09 février 2008 07:13

ça va ?

ça va ?
On me demande souvent si ça va. Et bien non, ça ne va pas. Je crois que je m'en souviendrais longtemps de cette année. Tant mieux pour ceux et celles qui l'auront bien vécu. Mais en ce qui me concerne, je pourrais dire qu'elle fut catastrophique moralement. Les personnes qui me connaissent bien savent que je n'ai jamais eu confiance en moi. Et si à l'inverse, je laisse transparaître cela, ça n'est qu'illusion. Mais là, j'atteins des sommets ou plutôt, des gouffres dans la non-estimation de moi-même.

Je ne peux pas dire qu'avant, j'étais contente de ce que j'écrivais. Ca serait bien trop prétentieux. Mais en un certain sens, oui. En fait, je me rattachais à l'écriture. Voilà, c'est ça. Elle était ma bouée de sauvetage, ma bulle d'oxygène quand ça n'allait pas bien. J'écrivais et je me sentais comme libérée d'un poids fictif mais pourtant présent dans mon esprit ou dans mon imaginaire. Et aujourd'hui, je peine chaques jours d'avantage à aligner des mots.

Je suis enfermée dans mes angoisses et dans ma douleur. Le pire, pour les autres et surtout pour moi, c'est que personne ne peut m'aider. Prisonnière dans un tunnel dont je crois parfois entrevoir le bout et puis non, je suis de nouveau dans l'obscurité la plus totale. J'ai peur de l'avenir. J'ai peur de me réveiller un matin. Peur de m'endormir le soir.


Ce n'est pas une peur enfantine, comme lorsque l'on a peur des monstres sous le lit ou du noir. Non, j'ai peur avec des larmes.
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# Posté le samedi 09 février 2008 07:10

Réapprendre ...

 Réapprendre ...
Je me suis promis d'apprendre à baisser ma garde. Ou plutôt, de réapprendre.
L'amitié, la confiance. Je ne sais plus. J'ai mes repères. Mes repaires. Et les autres, à côté.


Il y à quelques années, je suis tombée malade.
Oh rien de si terrible, juste quelque chose qui me vole certaines journée surtout en hiver.
J'ai passé un temps considérable toute seule. Mes journées seulement égayées par quelques rares personnes. Quelques temps après, certaines sont toujours là, Les autres, ils sont morts. Je les ai sortis de ma vie un par un. Quand il ne m'y ont pas forcée.


Ca a cassé quelque chose en moi.


J'ai perdu la confiance. Je ne sais plus faire confiance, spontanément.
Quelqu'un de gentil ne l'est jamais sans raison. Il me veut sûrement quelque chose.
Si c'est une fille, je me méfie des mots. Elle risquerait de transformer un rien en tornade. Si c'est un homme, je me demande s'il s'intêresse à moi, ou s'il veut juste m'allonger. Alors, à eux, je brandis mon bouclier.

J'aimerais tellement réapprendre à m'ouvrir spontanément.
Tellement.

J'y arrive un peu, ici. Et puis, il y a cette personne, à qui je dis beaucoup de chose, qui me comprend, du moins je le crois, et qui m'aide. Je me confie plus facilement à elle qu'à des gens que je cotoye chaque jour. Elle est en quelques sorte ce qui manque à mon quotidien: C'est un peu mon oreille attentive que j'ai tant perdu.
Trop d'angoisses ces temps ci. Trop de peurs muettes et de terreurs sourdes. Je reste éveillée longtemps, longtemps, le soir. Et je m'étonne le lendemain d'avoir des migraines à en pleurer. Mais si je pleure, la migraine s'intensifie. Ces fois là, je voudrais juste.. M'effacer. Le temps de la douleur, du stress, et de tout le reste.




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# Posté le samedi 09 février 2008 07:37

Et si parfois tout était différent ?

Et si parfois tout était différent  ?
Parfois, j'aimerais une vie meilleure, où tout serais plus beau, tout serais plus rose, plus doux. Une vie où j'aimerais ne plus me plaindre. Oui l'être humain, n'est que très rarement content. Mais moi j'aimerais me sentir moi et pas cette femme de 40 ans transbahutée dans le corps de son personnage lors de sa jeunesse.

Parfois j'aimerais que la vie soit plus simple, plus agréable. J'aimerais me réveiller et savoir pour qui le matin je prend le soin d'accorder mon soutien gorges avec ma petite culotte, savoir pour qui je me maquille, pour qui je choisi tel et tel bijoux plutôt qu'un autre, savoir à qui mon sourire sera destiné.

Parfois j'aimerais me dire que tout ira mieux, que tout c'est arrangé. Fini les mauvais moments, fini d'être mal au plus au point.

Parfois, oui parfois on dit qu'avec des SI on referai un monde. Moi je referais le mien, avec des flash-backs, des pas en avant. Je garderais des gens près de moi, j'en effacerais d'autre et je ferais de nouvelles rencontres.

Parfois ...
# Posté le dimanche 10 février 2008 12:31